Le 31 mars 2026 marque une date lourde de sens pour le site ArcelorMittal de Basse Indre, avec l’arrêt d’une partie de ses installations industrielles.

Depuis avril 2025, les salariés vivent sous la menace d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui prévoit la suppression de 96 postes sur un effectif total de 340 salariés. Dans cette usine plus que bicentenaire, l’inquiétude et la colère dominent.
Mi-octobre 2025, une partie des organisations syndicales représentatives, la CFDT et la CFE-CGC, ont validé le PSE proposé par la direction d’ArcelorMittal France. La CGT, quant à elle, n’a cessé de s’y opposer et de défendre les droits des salariés. Le 3 octobre dernier, plus de 300 personnes, salariés, retraités, familles et élus, se sont rassemblées devant le site pour dénoncer cette casse sociale et exprimer leur solidarité.
Depuis début mars 2026, les départs se multiplient. D’ici la fin du mois, la majorité des salariés concernés auront quitté l’entreprise. C’est avec une profonde émotion que nous accompagnons nos collègues dans cette épreuve.
Le 31 mars, deux outils majeurs de production s’arrêtent définitivement :
- Le recuit base, en service depuis 1975, dont l’activité sera transférée vers le site de Florange
- La ligne 1 d’étamage, installée au début des années 1960, qui permettait de produire de l’acier destiné notamment aux emballages alimentaires
Ces arrêts marquent la perte d’un savoir-faire industriel construit par des générations de travailleurs. C’est une part de l’histoire du site qui disparaît aujourd’hui.
Alors qu’ils étaient 3 600 salariés en 1950, ils ne seront plus que 270 demain. La production, qui dépassait les 400 000 tonnes annuelles dans les années 2000, est aujourd’hui tombée à 150 000 tonnes.
Face à cette situation, une question demeure : comment reconstruire l’avenir industriel de Basse Indre ?
Une fois encore, les salariés devront faire preuve de résilience pour maintenir l’activité et préserver ce qui peut l’être, malgré les lourdes conséquences sociales et psychologiques de ce PSE.
Dans le même temps, le groupe ArcelorMittal, largement soutenu par des fonds publics, continue de faire pression sur les institutions européennes tout en développant ses capacités de production à l’international, notamment en Inde. Ces choix stratégiques interrogent profondément sur l’avenir de l’industrie en Europe et sur la place accordée aux salariés.
Le site de Basse Indre appartient peut-être à un groupe industriel, mais ce sont les travailleurs, hier comme aujourd’hui, qui lui donnent vie. Ce sont des générations entières qui ont construit son histoire et son identité.
Pour la CGT de Basse Indre, le constat est amer. Chaque jour apporte son lot d’incertitudes, et de nombreux salariés, même non concernés directement par le PSE, envisagent de quitter le site par crainte pour leur avenir.
Dans ce contexte, la CGT restera pleinement mobilisée pour défendre les salariés, protéger les plus fragiles et œuvrer à la reconstruction d’un outil industriel essentiel pour le territoire.