Un site industriel emblématique désormais protégé au titre des monuments historiques.

Implantée en bord de Loire, emblématique de l’histoire industrialo-portuaire nantaise, la raffinerie Béghin-Say, représentative d’une architecture à ossature métallique longtemps en vigueur, est désormais protégée au titre des monuments historiques. La demande de protection a été formulée par le Collectif des associations du patrimoine industriel et portuaire et instruite par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire, qui a emporté un avis favorable des membres de la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture. La commission a décidé que l’ « usine bleue » présentait un intérêt d’histoire et d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation et reconnaît son importance dans l’histoire du raffinage du sucre en France. Elle souligne, enfin, l’intérêt architectural de ses bâtiments d’origine et son rapport à la Loire, fleuve vecteur de marchandises et source d’énergie. Ont été inscrits au titre des monuments historiques, soit en totalité, soit partiellement, les bâtiments suivants : le bâtiment administratif et l’ancien atelier (situés le long du boulevard Bénoni Goullin) ; les bâtiments des sucres raffinés et des sirops avec leur passerelle jointive (au cœur du site) ; l’ancien entrepôt des sucres bruts T nord (du côté de la Loire) ; l’ancienne cartonnerie à sheds conoïdes (non loin du boulevard Gustave Roch) ainsi que la cheminée de la raffinerie, particulièrement perceptible depuis le pont des Trois-Continents ou celui de Pornic.
Une raffinerie majeure dans l’histoire économique nantaise
La raffinerie Béghin-Say est la dernière et la plus moderne construite à Nantes et mise en service entre 1935 et 1937 pour les Raffineries et Sucreries Say ; les ateliers de construction Schwartz Hautmont, de grande renommée, ont assuré la conception de plusieurs bâtiments de la raffinerie, en leur qualité de principal entrepreneur. Il s’agit de la dernière raffinerie de sucre de canne de la côte atlantique : son activité de raffinage a cessé en 2009, Tereos France privilégiant l’activité de conditionnement du sucre blanc ou roux provenant de La Réunion, pour les marques bien connues Blonvilliers et La Perruche.
Un repère paysager fort dans la métropole nantaise
Fleuron de l’industrie française, le site nantais se distingue surtout par son ampleur (5 hectares) et son rayonnement historique au-delà du Grand Ouest, sans compter la verticalité de sa cheminée (83 mètres de hauteur) et celle de ses tours. Son insertion dans le paysage rivulaire, face à la Haute- Île, est très affirmée et en fait un emblème du paysage nantais. Ses couleurs, qui étaient neutres à l’origine, ont été choisies en 1993 : le bleu et le blanc font référence aux « mers du sud » et aux îles d’où provient la canne à sucre.
Une mobilisation collective des acteurs publics et privés
Après le site industriel des Batignolles, protégé en 2022, celui de Béghin-Say est le deuxième de la cité nantaise à bénéficier d’une mesure exceptionnelle, en application du code du patrimoine. Cette procédure a mobilisé de nombreux acteurs : la DRAC des Pays de la Loire a mené des échanges nourris avec les services de Nantes Métropole, le Collectif des associations du patrimoine industriel et portuaire nantais et particulièrement le propriétaire-exploitant du site, Tereos France, qui investitrégulièrement dans le maintien en activité du site.