Le meeting de Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains aux municipales de Nantes, qui s’est tenu ce mercredi 14 janvier, aura au moins eu le mérite de lever toute ambiguïté. Devant environ 900 personnes, ce n’est pas tant la droite nantaise qui s’est donnée à voir que la démonstration achevée de sa reddition à la Macronie.

François de Rugy, Aurore Bergé, Valérie Oppelt entourent Foulques Chombart de Lauwe

Valérie Oppelt, Aurore Bergé, François de Rugy : la liste des soutiens présents parlait d’elle-même. Plus de figures issues du camp présidentiel que de responsables LR, alors même que Foulques Chombart de Lauwe avait remporté la primaire en promettant une ligne claire, sans alliance avec la macaronie et ses relais locaux. Une promesse balayée d’un revers de main une fois l’investiture en poche. Un hold-up politique pur et simple, réalisé avec la bénédiction silencieuse de Bruno Retailleau, président d’un parti désormais incapable de faire respecter sa propre parole.

Au fond de la salle le malaise d’un vieux militants gaulliste était palpable. « Bruno Retailleau ne sait plus où il habite. Il n’y a plus de ligne, plus de cap, plus de propositions », lâchait-il amer. Difficile de lui donner tort. Les Républicains semblent aujourd’hui errer sans boussole, absorbés par un macronisme fin de règne qui recycle les étiquettes faute d’idées.

L’ironie est totale quand Mounir Belhamiti, ancien député Renaissance, annonce à son tour sa candidature et se dit prêt à accueillir Julien Bainvel, battu à la primaire LR. À Nantes, le spectacle devient ubuesque : une liste LR-macroniste face à une autre macroniste-LR. Même projet, mêmes visages, mêmes renoncements. Seules les couleurs changent.

Cette confusion n’est pas qu’un problème de partis : elle traduit un mépris profond pour les électeurs, systématiquement tenus à l’écart des décisions stratégiques. Les états-majors décident entre eux, se cooptent, s’additionnent, persuadés que les voix suivront mécaniquement. L’histoire récente montre pourtant l’inverse.

À force de trahisons politiques et de bricolages électoraux, la droite nantaise offre un boulevard à Johanna Rolland. Pendant que ses adversaires se disputent des alliances contre nature, la maire sortante peut observer sereinement un camp d’en face occupé à se saborder lui-même.

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