Près de 10 000 emplois disparaissent chaque année à La Poste.

Au-delà des départs à la retraite non remplacés, de nombreux postiers choisissent la démission ou la rupture conventionnelle. Mais ce rythme n’étant pas suffisant pour l’entreprise, les licenciements, notamment pour inaptitude faute de reclassement au sein du groupe, les sanctions disciplinaires parfois arbitraires pour des motifs dérisoires et la répression syndicale s’accentuent.
Les restructurations incessantes, menées sans concertation et souvent dictées par des algorithmes, engendrent un mal-être au travail grandissant. L’organisation du travail, définie unilatéralement par l’entreprise, entraîne une perte de sens, une pression commerciale accrue, la mise en place d’objectifs incohérents et le non-remplacement des absences.
Les accidents du travail et les maladies professionnelles explosent dans l’entreprise (le taux de cotisation AT/MP a d’ailleurs été relevé par la CARSAT), tout comme les risques psychosociaux.
Le nombre de conflits locaux augmente partout en France. De nombreux élus de terrain s’opposent à la fermeture de services postaux. La qualité du service rendu aux usagers et les délais de traitement, notamment de la presse, se dégradent et suscitent l’inquiétude de la population, qui exprime régulièrement son légitime mécontentement.
En Pays de la Loire, les établissements de Fontenay-le-Comte, du Bailleul (Sarthe) et de Saint-Nazaire sont mobilisés cette semaine pour préserver l’emploi et défendre leurs conditions de travail.
Plutôt que de négocier, l’entreprise préfère faire constater par huissier la mobilisation des grévistes et menacer de sanctions disciplinaires les militants syndicaux qui œuvrent pour faire avancer les négociations.
Les syndicats CGT, SUD PTT et FO dénoncent ces intimidations et exigent qu’aucune sanction disciplinaire ne soit engagée contre les grévistes et les militants syndicaux. Ils refusent également que les usagers paient, une fois de plus, comme lors du passage en société anonyme, les choix stratégiques et financiers du groupe, guidés par le gouvernement et le MEDEF.
Comme les personnels, les usagers ne sont ni une variable d’ajustement ni une simple ligne de coût à réduire.