Les député·es LFI Ségolène Amiot, Matthias Tavel et Andy Kerbrat, aux côtés de William Aucant et Erika Cadersah, demandent des explications au préfet Laurent Hottiaux sur la gestion du maintien de l’ordre lors de la manifestation du 17 octobre à Nantes et sur les violences policières dénoncées. Ils refusent que les revendications sociales soient occultées par les dégradations survenues en marge du rassemblement.

« Samedi 17 octobre, 50 000 à 60 000 Nantaises et Nantais ont participé à une mobilisation populaire d’une ampleur exceptionnelle. Une foule immense, réunissant la jeunesse, les salarié·es et toutes les générations, s’est rassemblée autour de revendications essentielles : vivre dignement, étudier dans de bonnes conditions, défendre les salaires et les services publics.

Cette mobilisation historique, très largement pacifique, ne peut être effacée par les événements qui ont suivi.

Nous déplorons les dégradations survenues dans le centre-ville. Notre solidarité va aux habitant·es, aux agent·es municipaux, aux salarié·es, aux petit·es commerçant·es et à toutes les personnes qui en ont subi les conséquences. L’État doit prendre ses responsabilités en matière d’accompagnement et de réparation des préjudices.

Mais ces événements ne peuvent occulter la responsabilité des autorités dans la gestion du maintien de l’ordre. Avant même le début de la manifestation, les cortèges ont été confrontés à un usage massif de gaz lacrymogènes. Place Foch, des milliers de manifestant·es se sont retrouvé·es nassé·es dans une foule particulièrement dense, sous des tirs nourris et constants de gaz lacrymogènes, sans raison apparente.

Comment expliquer un tel dispositif face à une mobilisation annoncée depuis plusieurs semaines ?

Quelles conséquences ces choix ont-ils eues sur le déroulement de cette journée ?

Nous demandons au préfet Laurent Hottiaux de rendre compte publiquement des décisions prises sous son autorité et que des enquêtes soient ouvertes sur les violences policières. La question de sa responsabilité dans la conduite du maintien de l’ordre se pose.

Enfin, nous refusons que les revendications sociales disparaissent derrière les violences commises par quelques individus. Nous refusons également tout amalgame entre les manifestant·es pacifiques et les auteurs de violences, ainsi que toute stigmatisation des jeunes des quartiers populaires.

Depuis plusieurs semaines, la jeunesse se mobilise pour son avenir, rejointe par les salarié·es et les Gilets jaunes. La décision du préfet d’interdire certaines manifestations ne fera que jeter de l’huile sur le feu.

Notre mouvement et nos élu·es, à tous les niveaux, s’opposeront à ces arrêtés liberticides. Le gouvernement doit cesser de laisser la situation se dégrader et répondre aux revendications portant sur l’éducation, les salaires, le pouvoir d’achat et les services publics. La sortie de cette crise appelle des réponses politiques, et non exclusivement répressives. »

Ségolène Amiot
Députée LFI

Matthias Tavel
Député LFI et conseiller régional

Andy Kerbrat
Député LFI

William Aucant
Président du groupe Nouvelle Nantes au conseil municipal de Nantes et conseiller régional

Erika Cadersah

Présidente du groupe Nouvelle Nantes à la métropole

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