Une semaine après l’incendie qui a détruit un bidonville à Nantes Est, La Nouvelle Nantes alerte sur la situation des familles sinistrées, dont certaines se retrouvent à nouveau sans solution d’hébergement durable. Le mouvement appelle l’État et les collectivités à garantir un accueil digne, un accompagnement adapté et des solutions de relogement pérennes. Au-delà de l’urgence, cette catastrophe révèle les limites des politiques publiques face à la grande précarité et rappelle que justice sociale et adaptation au changement climatique sont indissociables.

Le 20 juillet, un incendie a ravagé un bidonville situé à Nantes Est. En pleine canicule et dans un contexte de sécheresse exceptionnelle, des dizaines de familles ont vu leur lieu de vie partir en fumée.
L’hébergement d’urgence mis en place dans le gymnase du parc du Grand-Blottereau a permis de mettre les familles à l’abri. Mais une semaine plus tard, le gymnase a fermé alors que, pour de nombreuses familles, l’urgence était loin d’être terminée.
La préfecture a indiqué que chaque personne sinistrée avait bénéficié d’une solution d’hébergement. Pourtant, les témoignages recueillis et les associations présentes sur le terrain font état de familles restées sans solution adaptée ou durable.
Pour ces familles, les conséquences sont bien réelles : certaines devront s’endetter pour payer un hébergement, d’autres seront contraintes de dormir dehors ou de s’entasser chez des proches dans des logements déjà sur-occupés.
Une catastrophe sociale ne se règle pas en quelques jours. Les familles sinistrées ont besoin d’un accompagnement durable, d’un hébergement digne et de véritables solutions de relogement.
Cet incendie n’est pas un simple fait divers. Il révèle une réalité que l’on ne peut plus ignorer : à Nantes, plus d’un millier de personnes sont encore contraintes de vivre dans des bidonvilles, dans des conditions indignes.
Les habitantes et habitants de ces bidonvilles ne vivent pas en marge de notre société. Beaucoup travaillent dans les exploitations maraîchères des communes voisines, dans le bâtiment ou dans le recyclage. Ils contribuent chaque jour à des secteurs essentiels de notre économie locale.
Depuis des années, les familles roms sont les grandes oubliées des politiques publiques. Cette gestion au coup par coup ne répond ni à la dignité des personnes ni aux enjeux sociaux auxquels notre territoire est confronté. L’État ne peut plus détourner le regard : il doit garantir un hébergement digne et un véritable accès au logement pour toutes et tous.
« La communauté rom est la cible de nombreux préjugés, de méconnaissance, voire de haine. Pourtant, ce sont des habitantes et des habitants de Nantes, qui ont droit, comme tout le monde, à un logement décent et à la dignité. »
Noémie Clautour
Le dérèglement climatique rend les épisodes de chaleur extrême et de sécheresse plus fréquents. Dans ce contexte, les premières victimes sont toujours les personnes sans abri et celles et ceux qui vivent dans les logements les plus précaires.
On ne peut pas parler d’adaptation au changement climatique sans parler de justice sociale. Protéger les plus vulnérables, c’est aussi leur garantir un logement sûr, stable et digne.
La Nouvelle Nantes demande :
- un hébergement d’urgence digne, assuré par la Préfecture, aussi longtemps que nécessaire pour toutes les familles ayant perdu leur domicile dans l’incendie ;
- un plan de prévention des incendies dans les bidonvilles, avec la mise à disposition d’extincteurs et de points d’accès à l’eau pour faciliter l’intervention des pompiers ;
- des solutions de relogement pérennes dans le parc social de la Métropole ;
- un accompagnement social et administratif renforcé.
La Nouvelle Nantes salue les associations, les bénévoles et toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pendant et après l’incendie. Mais leur engagement ne peut pas se substituer à l’action publique.
À Nantes comme ailleurs, il est inacceptable qu’en 2026 des familles vivent encore dans des bidonvilles.
Le droit au logement est un droit fondamental, pas un privilège.
Parce que la justice sociale et la justice climatique ne se négocient pas : elles s’imposent.