Près de 200 personnes ont été expulsées ce mardi matin de campements à Doulon, après plusieurs semaines d’incendies, d’expulsions et de déplacements successifs. Pour le Groupe Insoumis et Citoyens, Nantes Métropole doit cesser de déplacer les familles sans solution et mettre en œuvre concrètement la promesse d’une « ville refuge ».

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Nantes, le 18 août 2026 — Incendies, expulsions, interventions policières, déplacements successifs : depuis un mois, des familles roms de la métropole nantaise traversent une succession d’épreuves et font face à un acharnement des forces de l’ordre qui les prive de toute stabilité. Ce mardi matin encore, près de 200 personnes ont été expulsées de campements à Doulon, sans savoir où elles pourraient durablement s’installer. Le Groupe Insoumis et Citoyens interpelle directement la majorité métropolitaine : Nantes s’est proclamée « ville refuge ». Il est temps que ces mots deviennent des actes.

Trois incendies ont frappé des bidonvilles de la métropole en dix jours cet été. Des familles ont perdu caravanes, véhicules, papiers et biens personnels. Depuis, l’urgence humanitaire s’est transformée en errance forcée à travers toute la métropole. Cela doit cesser.

À l’ouest, des familles ont été déplacées de Couëron vers Cheviré, puis d’un terrain à l’autre à Saint-Herblain. Certaines passent une partie de la nuit à circuler avec leurs caravanes pour trouver où s’arrêter. Contacté par notre groupe dès les premières alertes, le cabinet de la présidence de Nantes Métropole n’a apporté aucune solution à ce jour.

« Ils travaillent et sont même indispensables dans les exploitations maraîchères. Ils vivent pourtant sur des terrains indignes, sans eau ni électricité. Et malgré la canicule, on les expulse sans solution. “J’obéis aux ordres, je dois vous faire partir d’ici” : voilà la seule réponse apportée à leurs interrogations. On les condamne à tourner toute la nuit avec leurs caravanes, en pleine chaleur, avant d’aller travailler le lendemain. Ce n’est pas une politique publique : c’est fabriquer de la précarité. »

Ibrahim Nidal Mahmoud, conseiller municipal et métropolitain, aux côtés des familles depuis le 13 août

À l’est, ce mardi matin, les habitants des campements de Doulon ont à leur tour dû quitter les lieux. Plusieurs caravanes se retrouvent désormais rue de la Papotière, sans destination pérenne annoncée.

La responsabilité de l’État et du préfet est majeure. Mais les élus de Nantes Métropole ne peuvent pas regarder ailleurs, alors que des procédures d’expulsion ont également été engagées par la Métropole et Nantes Métropole Aménagement. Pendant la campagne municipale, la majorité promettait pourtant de faire de Nantes une « ville refuge ». Aujourd’hui, nous interpellons directement la présidente de la métropole, Johanna Rolland : où est cette promesse ?

« Ce matin, j’ai vu des familles sortir leurs caravanes sans savoir où elles allaient dormir ce soir. On leur indique une route sous le périphérique, pas un lieu où vivre. Et dans trois semaines, des enfants devront reprendre le chemin de l’école. Déplacer les caravanes ne règle absolument rien : on déplace seulement l’inacceptable. »

Mathieu Declercq, conseiller municipal et métropolitain, présent sur place ce mardi 18 août

Environ 3 500 personnes vivent aujourd’hui dans la rue, des squats, des bidonvilles ou d’autres formes d’habitat indigne dans l’agglomération nantaise. La réponse ne peut pas être de rendre ces personnes invisibles en les déplaçant continuellement.

« Les personnes roms et tsiganes sont parmi les populations les plus stigmatisées et discriminées en France. En répondant à leur précarité par des expulsions en série, les pouvoirs publics renforcent cette mise à l’écart au lieu de la combattre. Nantes Métropole ne doit pas rester passive. Notre responsabilité est de garantir des droits, de la protection et une place pleine et entière dans la société aux familles roms. »

Noémie Clautour, conseillère municipale, référente Voyageurs et Roms pour le Groupe Insoumis et Citoyens

Nous demandons l’arrêt des expulsions sans solution, la mise à disposition immédiate de terrains temporaires sécurisés avec accès à l’eau, à l’électricité et aux sanitaires, ainsi que l’ouverture d’une table ronde métropolitaine avec les familles, les associations, les élus et l’État.

La résorption des bidonvilles doit signifier la fin des bidonvilles, pas le déplacement sans fin de celles et ceux qui y vivent. Une ville refuge n’est pas un slogan : c’est une responsabilité.

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