Le groupe La Nouvelle Nantes – Insoumis et Citoyen propose des mesures concrètes.

Comme chaque été, le débit particulièrement bas de la Loire fait remonter le fameux « bouchon vaseux », qui menace directement la production d’eau potable de Nantes Métropole. Si aucune mesure structurante n’est prise rapidement, la métropole et le département s’exposent à des tensions récurrentes et durables sur leur alimentation en eau. Nantes est ainsi la première grande métropole exposée à un risque de rupture totale de son approvisionnement en eau potable.

Le bouchon vaseux, une menace grandissante pour la production d’eau potable

Le bouchon vaseux est un amas naturel de sédiments qui se forme là où l’eau douce du fleuve rencontre l’eau salée de l’océan. Lorsque le débit de la Loire est faible, comme c’est actuellement le cas après une forte période de sécheresse, la force des marées prend le dessus et ce bouchon remonte le fleuve. Plus le débit baisse, plus il progresse vers l’amont.

Le risque est que cet amas de vase atteigne et colmate la station de pompage d’eau potable située à Mauves-sur-Loire, ce qui pourrait contraindre à sa fermeture.

Or, l’usine de traitement de La Roche, à Malakoff, alimentée par ce pompage, produit environ 115 000 m³ d’eau potable par jour, couvrant près de 90 % des besoins de Nantes Métropole. Une interruption, même temporaire, aurait des conséquences majeures : coupures d’eau pour les particuliers, difficultés à lutter contre les incendies, arrêt de nombreuses entreprises, mise en place de distributions d’urgence, etc.

Cette dépendance est d’autant plus préoccupante que le département de la Loire-Atlantique possède très peu de captages d’eau souterraine, en raison notamment de la nature de ses sols. Ainsi, 80 % de l’eau potable du département est puisée dans les cours d’eau, notamment la Loire et la Vilaine.

Les projections climatiques du GIEC des Pays de la Loire annoncent une baisse du débit de la Loire pouvant atteindre 50 à 70 % d’ici 2100. La fragilité de la station de pompage est donc appelée à s’aggraver sur le long terme.

Les aménagements humains dans l’estuaire, comme la bétonisation des berges, les curages et la construction de digues, aggravent également le problème en modifiant la dynamique du fleuve. Le bouchon vaseux, qui s’accumule depuis plusieurs années, ne pourrait être évacué que par une crue majeure de la Loire, avec un débit supérieur à 4 000 m³/s, permettant de repartir de zéro.

Pour l’heure, la situation est alarmante. À l’été 2022, le débit de la Loire était passé sous les 90 m³/s et le bouchon vaseux avait atteint la station de pompage, provoquant six jours de tension sur l’approvisionnement en eau. Fin juillet 2026, nous sommes de nouveau passés sous le seuil critique des 100 m³/s. Avec les grandes marées prévues à la mi-août, le bouchon vaseux pourrait à nouveau atteindre et bloquer la station de pompage.

Pour une sécurité durable de l’approvisionnement en eau : trois solutions

Des travaux récents de modernisation de l’usine de traitement des eaux de La Roche ont permis d’améliorer sa capacité à traiter des eaux légèrement boueuses. Cependant, ils n’offrent aucune garantie d’approvisionnement si le bouchon vaseux stagne plusieurs semaines au niveau de la station de pompage, avec des eaux très boueuses, voire chargées en eau de mer.

Face à cette situation d’urgence et afin de garantir l’approvisionnement en eau des Nantaises et des Nantais dans les décennies à venir, nous proposons trois solutions concrètes à mettre en œuvre sans attendre :

1. Lancer une étude technique urgente pour la construction d’une nouvelle station de pompage plus en amont sur la Loire, entre Oudon et Ancenis, afin de sécuriser un point de captage hors d’atteinte du bouchon vaseux.

2. Établir un plan métropolitain de restriction des usages de l’eau pour les gros consommateurs en période de tension, afin de réduire rapidement les prélèvements lorsque la situation l’exige.

3. Créer des réserves d’eau de la Loire afin de pouvoir stocker plusieurs journées de consommation pendant les périodes de crues hivernales et ainsi disposer d’une marge de sécurité en période de forte tension.

L’eau potable est un bien commun essentiel. Face à l’aggravation prévisible des tensions sur la ressource, nous devons anticiper plutôt que subir. Des solutions existent : il est désormais urgent de les étudier et de les mettre en œuvre.

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