Longtemps réservé à quelques chefs renommés, le curcuma biologique cultivé par Didier Boismoreau en Guadeloupe est désormais proposé aux adhérents des AMAP de l’Ouest. Une épice d’exception qui a parcouru près de 7 000 kilomètres sans émissions de carbone. Trois rendez-vous sont organisés ce mois-ci dans l’agglomération nantaise pour la découvrir.

Des pentes volcaniques de la Soufrière jusqu’aux paniers des consommateurs nantais, le voyage est pour le moins inhabituel. Cultivé depuis 2010 au Lamentin, en Guadeloupe, le curcuma biologique de Didier Boismoreau a traversé l’Atlantique à bord du voilier-cargo Grain de Sail II, avant de rejoindre les circuits courts de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire.

Cette année, la récolte représente six tonnes de rhizomes frais. Après leur préparation en Guadeloupe, réalisée avec le concours de l’ESAT Alizé de Baie-Mahault, les rhizomes sont séchés grâce à un procédé fonctionnant uniquement à l’énergie solaire et éolienne. Ils donnent naissance à près de 920 kg de curcuma en poudre et en paillettes.

Une épice au goût unique

Bien loin des poudres de curcuma industrielles, cette production se distingue par ses arômes complexes. On y retrouve des notes de gingembre, d’agrumes, de fanes de carotte ainsi que des touches de poire et de coing.

Jusqu’à présent, cette épice était principalement destinée à quelques grandes maisons gastronomiques, dont les Épices Roellinger à Cancale. En 2026, le producteur fait le choix d’en réserver l’essentiel aux AMAP et aux groupements d’achat, afin de rendre cette production plus largement accessible.

Une filière pensée de bout en bout

Le transport constitue lui aussi un élément central du projet. Parti de Pointe-à-Pitre fin mai, le voilier-cargo est arrivé à Saint-Malo le 20 juin, après une traversée effectuée exclusivement à la voile.

Une partie des sacs de curcuma est ensuite prise en charge par le GLAZ Project, collectif installé au Minihic-sur-Rance, qui développe une logistique locale à faible impact environnemental pour alimenter les AMAP et les groupements d’achat de l’Ouest.

L’objectif est de proposer une chaîne d’approvisionnement cohérente, depuis la culture biologique jusqu’à la livraison aux consommateurs, en limitant au maximum l’empreinte carbone et les intermédiaires.

Trois rencontres près de Nantes

Les habitants de la métropole nantaise pourront rencontrer les porteurs du projet et découvrir ce curcuma lors de plusieurs distributions organisées avec des AMAP :

  • mardi 21 juillet, de 19 h à 20 h, à l’AMAP de l’Éraudière (151, route de Saint-Joseph, Nantes) ;
  • jeudi 23 juillet*, de 18 h à 19 h, à l’AMAP de La Dérive (1, rue du Gué Robert, Nantes) ;
  • mardi 28 juillet, de 18 h à 19 h, à l’AMAP de Thouaré-sur-Loire (5, rue des Écoles).

À travers cette initiative, La KaZ Ô Zépices entend démontrer qu’une autre façon de produire, transporter et distribuer des épices est possible, en associant agriculture biologique, inclusion sociale, transport maritime à la voile et circuits courts.

 

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